Canards sauvages 

Lors de la dernière semaine, trois  affaires ont secoué l’UMP et ses militants.

Cela a commencé avec la mise en cause de Jean-François COPÉ qui aurait favorisé la société de communication Bygmalion, détenue par deux de ses proches.

Deux jours plus tard, l’on découvre que Patrick BUISSON, proche Conseiller du Président SARKOZY, a enregistré toutes ses conversations avec ce dernier, à son insu.

Enfin, le journal Le Monde révèle que l’ancien Président de la République et son avocat Maître Thierry HERZOG sont, depuis un an, sur écoute téléphonique à la demande de juges d’instruction enquêtant sur les accusations de financement de la campagne 2007 de Nicolas SARKOZY par la Libye de Mouammar KADHAFI. Et, à l’occasion de ces écoutes, les juges estiment que des propos tenus justifient l'ouverture d'une information judiciaire pour violation du secret de l'instruction et trafic d'influence.

Peut-on vraiment croire à une coïncidence quand trois affaires concernant l’UMP sortent la même semaine ? Il faudrait être d’une naïveté déconcertante pour imaginer que cela n’est dû qu’à un pur et malencontreux hasard à deux semaines des élections municipales, premier suffrage qui appelle tous les français aux urnes depuis le 6 mai 2012 !

Que l’attaque portée contre Jean-François COPÉ soit justifiée ou non, il faut avouer que sa réponse a été pathétique. Quelle idée de faire une déclaration solennelle, n’apportant rien à sa défense, mais qui a pour conséquence de braquer tous les projecteurs sur cette histoire et donc de lui donner une ampleur importante. Quelle idée, également, de mettre sous scellés les comptes de l’UMP. Ils ne peuvent donc plus être produits, ce qui alimente un sentiment de suspicion. Il eut été plus habile et discret de la part de Jean-François COPÉ de porter plainte pour diffamation et de recentrer son discours sur les prochaines élections municipales.

Quant à l’enquête sur le financement de la campagne présidentielle de 2007, si Nicolas SARKOZY a bénéficié d’argent libyen, le moins que l’on puisse dire c’est qu’une fois au pouvoir, il n’a pas eu beaucoup de reconnaissance. En effet, à son initiative, la France est intervenue militairement pour soutenir l’opposition libyenne qui a destitué KHADAFI, finalement tué par son propre peuple.

Je ne suis pas Sarkomaniaque, mais s’il est sur écoute depuis un an pourquoi Le Monde sort cette affaire maintenant ? Certes, la procédure ne semble pas illégale, un ancien chef d’État étant un justiciable comme un autre. Mais l’on se pince lorsque, sur RTL, le juge REGNARD, Président de l'Union syndicale des magistrats, principal syndicat de magistrats de l'ordre judiciaire français, interrogé pour savoir s'il trouve normal de mettre sur écoute un ancien président et son avocat, déclare: « On ne se pose pas cette question lorsqu'il s'agit d'une affaire de trafic de stupéfiants. »(sic). Chacun appréciera la comparaison ! Cela interroge sur notre justice.

Interrogation reprise par des centaines d’avocats, de droite comme de gauche, qui ont signé une lettre ouverte dans laquelle ils s’indignent « d’atteintes graves et répétées au secret professionnel après l'ouverture d'une enquête consécutive à l'interception d'une conversation entre l'avocat Thierry Herzog et son client Nicolas Sarkozy ».

Bien sûr, à longueur de journaux télévisés ou radiophoniques, nous avons le droit à des commentaires sur l’UMP « au bord de l’implosion », sur les militants de ce parti « médusés », sur le fait que dans ce contexte il n’y aura « pas de vague bleue aux municipales » (JT de France 3 du vendredi 7 mars). Mais rien, pas un mot, pas le moindre commentaire sur la dernière évaluation de la cote de popularité de François HOLLANDE : 19%. Pas le début du commencement d’une phrase sur le fait inédit qu’une majorité de socialistes (et non de français ayant voté Hollande) ne fait plus confiance au chef de l’État. Un Président de la République qui n’a plus le soutien des membres de son parti, c’est la preuve que les militants socialistes sont bien désorientés, eux. Mais là encore pas un  mot.

Et pendant ce temps-là, on oublie le ridicule d’un chef d’État livreur de croissants en scooter. Mais surtout, passent sous silence les vrais problèmes des français : l’emploi, le pouvoir d’achat, la formation professionnelle, le déficit du pays, la dette qui se creuse inexorablement, la compétitivité de notre pays en berne… Le gouvernement va d’échec en échec mais de cela les médias n’en pipent mot. Silence dans les rangs ! Il faut sauver le soldat François HOLLANDE.