En écoutant la radio, ce dimanche matin 12 janvier, j’ai appris que je fais partie de la petite minorité de personnes (23 %)[1] qui jugent que la relation de François Hollande avec l’actrice Julie Gayet est une « affaire publique, la vie privée du Président concernant tous les Français.» Il faut bien le dire, ce chiffre m’a quelque peu surpris. En effet, depuis que Closer a diffusé cette information, l’énorme majorité des gens que je croise trouve le comportement du chef de l’État particulièrement déplacé. Il n’est pas besoin de lancer la conversation sur ce sujet pour que les langues se délient, allant des propos moqueurs aux condamnations les plus virulentes. A croire que toutes mes relations font partie des 23 % ! Étonnant !

Rappelez-vous, cette célèbre anaphore du 2 mai 2012, dont ce syntagme : « Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire. » Sans jouer les pères la pudeur ou les pères moralisateurs, est-ce avoir un comportement exemplaire que de vivre en même temps avec deux femmes ? François Hollande est pour le mariage pour tous et le multi-concubinage pour lui.

Quelle image donne-t-il de la France ? Celle d’un président qui enfourche le soir son petit scooter, comme un adolescent transi, pour rejoindre sa dulcinée alors qu’il laisse et délaisse sa concubine qui se prend pour la première dame de France. Celle d’un président qui n’a qu’une idée en tête, non pas l’inversion de le courbe du chômage, mais ses nuits avec Julie Gayet ? Il ridiculisait la France avec ses blagues douteuses ; il donne aux humoristes et à la presse étrangère, qui ne s’en privent pas, tous les arguments pour brocarder notre pays.

Le temps des septennats de François Mitterrand est révolu. Le monde vit aujourd’hui à l’heure de l’information en temps réel et des réseaux sociaux à qui on ne cache rien et surtout à qui on ne peut  rien cacher. Durant 14 années, en tant que contribuable, j’ai participé, sans le savoir, à l’éducation de Mazarine Pingeot et aux frais d’entretien de sa mère. En tant que citoyen, je ne veux pas, aujourd’hui, que mes impôts servent à régler les notes de frais de la double vie de François Hollande.

Voilà pourquoi, les amours, jusque là cachées, du chef de l’État, ne sont pas, à mes yeux, seulement du ressort de sa vie privée.


[1] sondage Ifop pour le Journal du Dimanche