Drapeaux Français et Allemand

 

L’Élysée a fait savoir que le président de la République se rendra, le 23 mai prochain, à Leipzig, aux célébrations du 150ème anniversaire du Parti Social-Démocrate allemand, le parti d’opposition à Angela Merkel. Comment le Chef de l’État peut-il commettre une telle erreur diplomatique ?

Il faut d’abord noter que le choix du 8 mai, jour de la commémoration de l’armistice, pour annoncer ce déplacement qui va distendre encore un peu plus les relations franco-allemandes, démontre la « subtilité du sens politique » des conseillers du Président !

Après la charge du PS contre la politique du gouvernement allemand, voici une nouvelle qui va certainement faire plaisir à Angela Merkel. Dans le contexte de crise(s) que l’on connaît, l’Europe a plus que jamais besoin d’un couple franco-allemand fort. Tous les Présidents de la République, depuis le Général de Gaulle, ont su nouer des relations étroites et amicales avec les Chanceliers successifs, même s’ils ne partageaient pas les mêmes convictions politiques. François Hollande, en moins d’une année, aura réussi a complètement gripper l’axe franco-allemand. A tel point, qu’Angela Merkel, dans les sommets européens recherche l’appui de David Cameron, 1er ministre du Royaume-Uni. Un comble. La Grande Bretagne ne fait pas partie de la zone euro et elle est, pour le moins, eurosceptique.

Le pire, c’est qu’avec ce soutien affiché au SPD, François Hollande récidive. Alors qu’il était candidat à la présidentielle, il s’était rendu à Berlin, pour appeler à battre Angela Merkel aux élections législatives de septembre 2013. Grossière erreur, déjà. Un tel acte politique compromettait d’avance une relation amicale et de confiance entre nos deux pays.

Ce même candidat affirmait : « Moi Président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité. »[1] Il ne voulait pas s’occuper de sa propre majorité, et il va s’immiscer dans la vie politique d’un pays étranger, en soutenant un parti qui appelle à voter contre la Chancelière en place. Qu’il soit politiquement proche du SPD est une chose, qu’il intervienne dans les élections législatives allemandes en est une autre.

Cela étant, quand, après un an de présidence Hollande, on mesure les résultats socio-économiques de la France, on compare le poids de l’Allemagne et de la France en Europe, on observe la cote de popularité du Chef de l’État, je ne suis pas certain que le renfort de François Hollande constitue un soutien de premier choix pour le SPD !



[1] Ce qui est d’ailleurs complètement faux. Cf mon article posté le 7 mai 2013 : « Moi Président de la République… »