« Je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire. »

Le candidat ne devait pas parler de son comportement vestimentaire ! Lorsque l’on représente la France, pays de la mode et de la haute couture, on évite les costumes dans lesquels on est boudiné et les cravates de travers.

Plus sérieux, quand on affirme vouloir être exemplaire, on ne confie pas ses comptes de campagne à un ami qui investit dans les paradis fiscaux, on interdit dans son gouvernement le mélange des genres entre ministres, conjoints et directeurs de cabinet. Quel est le directeur de cabinet d’Arnaud Montebourg ? Boris Vallaud, le mari de l’inérrarable Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des Femmes et porte-parole du gouvernement. Qui est directeur de cabinet-adjoint de Marylise Lebranchu, ministre de la Réforme de l’État, de la Décentralisation et de la Fonction Publique ? Laurent Olléon qui n’est autre que le mari de Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Économie numérique. 

 

« J'aurai aussi à cœur de ne pas avoir un statut pénal du chef de l'État ; je le ferai réformer, de façon à ce que si des actes antérieurs à ma prise de fonction venaient à être contestés, je puisse dans certaines conditions me rendre à la convocation de tel ou tel magistrat ou m'expliquer devant un certain nombre d'instances. »

Visiblement, François Hollande n’est pas pressé de réformer le statut pénal du chef de l'État. Cette promesse ne figure pas dans le projet de réforme constitutionnelle qui doit être examinée par le Parlement réuni en Congrès. Et pour cause, l’actualité judiciaire rattrape François Hollande. Sans doute avait-il oublié, ce 2 mai 2012, que deux affaires, qu’il ne pouvait ignorer en tant que 1er secrétaire du PS, ressortiraient ce printemps.

Il s’agit du procès du sénateur René Teulade, ex suppléant du député Hollande, condamné[1] pour avoir bénéficié d’avantages indus au détriment de la Mutuelle Retraite de la Fonction Publique (MRFP). Mutuelle qui logeait gratuitement une association dont le trésorier n’était autre que François Hollande. Une des parties civiles invite le Président de la République à venir déposer.

Le 2ème dossier concerne l’ancien maire socialiste de Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville, qui va être jugé pour financement occulte de la fédération PS du Nord-Pas de Calais. Il envoie une citation à comparaître comme témoin à François Hollande car il considère qu’il « ne pouvait ignorer la corruption du PS dans le département. »

Coïncidence de dates, deux huissiers se sont présentés deux jours consécutifs, à la grille de l’Élysée, pour remettre au Président de la République les invitations à témoigner dans le cadre de ces procès. Et curieusement, en contradiction totale avec les propos du candidat, l’Élysée a fait savoir que « le Chef de l’État protégé par son statut pénal ne devrait pas témoigner. »

Et un reniement supplémentaire.

 

« Il y auraun code de déontologie pour les ministres, qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d'intérêts. »

Les français ont pu mesurer la redoutable efficacité de cette mesure avec l’affaire Cahuzac. 

 

(Demain, suite et fin de ma réflexion sur ce sujet)

 



[1] En 2011, à 18 mois de prison avec sursis et 5 000€ d’amende.