5 avril 2013 - AG du Cté Exp Eco 49 - 1 -       AG 2013 du Comité d'expansion éco      

Assemblée Générale du Comité d’expansion économique de Maine-et-Loire

ESEO Angers[1], le 5 avril 2013 - Allocution de Paul JEANNETEAU, Président

Permettez moi tout d’abord, de remercier très sincèrement chacune et chacun d’entre vous  d’avoir accepté de consacrer quelques heures pour participer à l’assemblée générale de notre Comité d’Expansion Economique. Ce rendez-vous annuel est toujours un moment essentiel dans la vie de notre organisme, qui depuis plus de 50 ans, se consacre au développement économique du Maine-et-Loire. 

Monsieur le Préfet, je veux vous dire combien nous apprécions votre présence qui, pour nous, est à la fois une reconnaissance et un encouragement. Une reconnaissance du travail accompli avec une passion intacte durant ces cinq décennies et un encouragement à poursuivre avec enthousiasme nos missions au service de l’Anjou.

Vous le savez, chaque année, nous tenons à organiser notre assemblée générale dans un lieu différent, symbole du dynamisme de l’Anjou. Ces deux dernières années, nous nous étions retrouvés au siège de deux établissements bancaires fortement implantés et impliqués dans notre département, le Crédit Agricole puis le Crédit Mutuel. Aujourd’hui, j’adresse mes plus vifs remerciements à notre ami, Jacky Charruault, qui nous accueille dans les locaux flambant neufs de l’ESEO.

Le choix de l’ESEO revêt une signification particulière, au-delà des liens étroits entre le Comité et Jacky Charruault qui assume avec compétence la présidence de notre association Anjou Intitiative.

Notre présence relève du symbole. En effet, il y a quelques années, nous étions réunis dans les locaux historiques de l’école, devenus exigus et obsolètes. Les nouveaux locaux symbolisent l’extraordinaire dynamisme de l’ESEO qui poursuit un développement remarquable.

***

D’une manière générale, l’économie de l’Anjou est, forcément, tributaire du contexte international. Et, lorsque l’on examine ce contexte, le contraste entre le développement économique des différents continents est frappant.

Alors que les pays émergents, notamment les BRIC[2], bénéficiaient, depuis une dizaine d’années, d’une forte croissance, certaines de ces puissances émergentes commencent à connaître quelques problématiques des pays industrialisés. Elles doivent faire face à un fort ralentissement de croissance.  Cela étant, dans ces pays où « tout est possible », il demeure une grande soif de création de richesses.

Aux USA, après les années de crise, la croissance devrait s’affermir. On y constate une tendance à la reprise avec des indicateurs en hausse. Ted Stanger[3] nous en dira davantage dans la deuxième partie de cette Assemblée Générale.

Quant à la zone euro, toujours en panne totale de croissance, à quelques exceptions notables, elle devrait connaître une certaine amélioration avec, là encore, un contraste important entre les pays européens du Nord et du Sud.

Dans ce paysage européen en profond bouleversement, la France n’échappe pas à la crise, ou plutôt aux crises : crise économique, crise de la dette, augmentation inquiétante du chômage, problème de compétitivité avec des filières en grande difficulté comme l’automobile. Depuis des années, les crises se succèdent ou même se combinent pour bousculer des situations établies : raréfaction des matières premières, émergence de nouvelles technologies, mondialisation et pression accrue des marchés, spéculations sur les marchés financiers et sur les matières premières.

De plus, nous avons une propension certaine à nous fixer des contraintes supplémentaires qui freinent le dynamisme des entreprises, déjà confrontées à la morosité et à l’instabilité permanentes.

Pourtant notre pays dispose d’atouts formidables :

  • La France est l’un des rares pays où l’on construit encore des trains, des navires, des avions, des automobiles ou des centrales nucléaires.
  • La France se distingue par la diversité et la multiplicité de ses savoir-faire, par sa capacité à innover.
  • La France dispose d’une productivité réelle de sa main-d’œuvre, elle possède des infrastructures de transports de qualité.
  • La France développe des activités de recherche reconnues et un système d’enseignement supérieur qui offrent à nos jeunes des formations d’excellence.

Je pourrais continuer la liste en citant encore la performance du secteur du tourisme, de notre agriculture et de l’agroalimentaire qui pèsent très positivement dans notre balance commerciale.

Ces atouts, nous les retrouvons évidemment dans l’Ouest et ils reflètent très largement l’économie des Pays de la Loire et tout particulièrement du Maine-et-Loire. Certes l’Anjou n’est pas épargné par la crise et le contexte économique, même si notre région et notre département résistent plutôt mieux que beaucoup d’autres territoires.

Ce constat donne l’occasion de rendre un hommage appuyé à la qualité des femmes et des hommes, dirigeants et salariés, qui se battent quotidiennement pour faire fonctionner leurs entreprises. Je tiens à saluer le dialogue social qui est, en Anjou, bien souvent plus constructif et positif qu’ailleurs.

Au regard de l’histoire, du passé récent et de la situation actuelle, un mot qualifie bien notre département, c’est la « COMPLEMENTARITE » :

  • complémentarité des territoires avec ses trois agglomérations et ses pôles de centralité bien répartis géographiquement ;
  • complémentarité économique avec des filières et des savoir-faire qui maillent harmonieusement l’Anjou.

Et c'est le résultat de choix politiques qui ont été pris et assumés. Il y a eu le désenclavement autoroutier avec des investissements importants, l’arrivée du TGV dans les années 80 et, depuis toujours, un travail coopératif, ambitieux, entre la Région, le Département et les Agglomérations.

Je tiens à souligner également le soutien permanent et volontariste du Département, et des intercommunalités, aux entreprises. Cette politique des collectivités locales a permis de maintenir un tissu industriel toujours dynamique. Dans le contexte de crise que nous subissons depuis plusieurs années, nous devons, aujourd’hui plus qu’hier encore, être proches des entreprises, être à leur écoute, comprendre leurs besoins et les accompagner efficacement dans leurs projets de développement. C’est bien là l’un des rôles majeurs du Comité d’expansion.

Trois mots peuvent résumer cette action et sont devenus pour notre équipe une véritable devise : Proximité, Réactivité, Disponibilité. Proximité avec les chefs d’entreprises mais aussi avec les élus. Réactivité, parce que c’est une nécessité absolue pour gagner dans la compétition des territoires. Disponibilité au-travers d’une implication forte et déterminée sur le terrain.

***

Dans un tout autre ordre d’idée, j’évoquerai en quelques mots la Réforme territoriale, en cours d’examen.

Les Régions semblent être affirmées comme chefs de file du développement économique. Pour ma part, je pense que cela est justifié dans certains domaines. Des filières, des clusters, des pôles de compétitivité n’ont en effet de sens qu’au niveau régional. Affirmer le contraire serait, à mes yeux, une grave erreur. On sait pertinemment que certains investissements structurants ont un impact économique sur plusieurs départements.

Bien entendu, cela doit se faire en partenariat et complémentarité avec les territoires départementaux qui ont un rôle majeur à jouer en termes de développement économique. Plus que jamais, je crois dans la pertinence des réseaux locaux implantés au plus proche des entreprises. Cela me donne l’opportunité de remercier les organismes avec lesquels nous collaborons dans cet esprit de partenariat : les services de l’Etat, les réseaux bancaires, OSEO, la Caisse des Dépôts et Consignations et tous les acteurs du développement économique.

Notre objectif permanent, notre challenge quotidien, c’est de permettre à notre département de rester compétitif, de favoriser le développement économique et surtout de créer les conditions favorables à la création d’emplois.

Sur quels enjeux importants devons-nous agir ? J’en vois deux prioritaires : le renforcement de notre tissu industriel qui conditionne le développement du secteur tertiaire, et la vitalité de la création d’entreprise.

Le Maine-et-Loire reste un département industriel, avec 26 % d’emplois industriels dans le privé contre 19 % au niveau national. C’est l’industrie qui a façonné notre tissu économique, sa diversité, sa répartition équilibrée entre les territoires. Il est essentiellement composé de PME-PMI familiales et complété par quelques grands groupes dont nous connaissons les performances. Michelin, Thalès, Scania, Hutchinson, Valéo éclairage reconnaissent les atouts de notre territoire et n’hésitent pas à y investir.

Même si, comme tous les départements français, l’Anjou est touché depuis une quinzaine d’années par l’érosion de l’emploi industriel, au Comité d’expansion, nous sommes intimement convaincus qu’il n’y a pas de fatalité dans ce domaine. Pour nous, c’est un combat quotidien qui se concrétise par des succès dont nous pouvons être fiers. Je ne citerai que quelques-uns des plus spectaculaires de ces dernières années : Isover St-Gobain à Chemillé, Wiennerberger à Durtal et bien entendu Louis Vuitton qui s’installe actuellement en Anjou.

Nous savons tous que le renouvellement du tissu industriel est une absolue nécessité pour un territoire. Les entreprises se créent et évoluent. Un territoire ne se développe que s’il est entreprenant et innovant.

En Anjou, nous enregistrons plus de 2 000 créations d’entreprises par an. Au-delà du chiffre, cela doit nous inciter à agir collectivement pour donner l’envie aux jeunes de créer et les encourager à oser.

Pour terminer ce rapide tour d’horizon j’évoquerai l’agriculture qui fait partie intégrante de notre économie départementale. Le monde agricole sait évoluer et s’adapter, malgré les contraintes et les difficultés.

Je profite de cette occasion pour remercier très sincèrement Jean-François Cesbron, qui a quitté en début d’année ses fonctions de Président de la Chambre d’Agriculture. Il a accompli un travail considérable au sein de la Chambre et a su développer des partenariats forts avec les différents organismes départementaux et en particulier le Comité d’expansion. J’adresse mes plus vives félicitations à son successeur, François Beaupère, et suis certain que nous continuerons à travailler ensemble au développement de l’Anjou.

***

S’agissant des enjeux qui nous attendent, j’aurais pu évoquer bien d’autres sujets. L’innovation qui doit s’inscrire dans l’ADN de l’entreprise et être stimulée sous toutes ses formes. Ou encore l’international qui reste plus que jamais l’un des moteurs de croissance future…

Tous les défis qui s’annoncent pour notre département doivent nous inciter à rester mobilisés et à redoubler d’efforts pour faire triompher cet esprit d’entreprendre que le Comité d’Expansion a su insuffler et maintenir depuis plus de 50 ans avec tous les acteurs économiques, sociaux et politiques de l’Anjou.

Ensemble, confiants dans nos atouts, continuons à nous mobiliser pour la réussite de notre département. Chacun ici le sait, l’avenir pousse en Anjou !




[1] ESEO : Ecole supérieure d’électronique de l’ouest 

[2] BRICS est un acronyme anglais pour désigner une organisation regroupant cinq pays : le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Précédemment appelé BRIC avant l'ajout du dernier pays en 2011. Rarement utilisé, l'équivalent français de cet acronyme est l’ABRIC (Afrique du Sud, Brésil, Russie, Inde et Chine) ou encore BRICA.

[3] Théodore dit « Ted » Stanger, journaliste et essayiste américain, francophile, a passé son enfance à Colombus dans l'Ohio avant d'effectuer, après le lycée, ses quatre années d’études universitaires à l'université de Princeton. Il a aussi fait des études en France (à la Sorbonne).