Lors de ses vœux radiotélévisés, le 31 décembre au soir, François Hollande a décrété la mobilisation générale du gouvernement autour d’une cause importante : « l’inversion de la courbe du chômage d’ici la fin de l’année 2013.»

Dans les jours qui ont suivi, les Français ont assisté, à grand renfort de médias, à une frénésie de prises de paroles, de séminaires, de réunions de leurs gouvernants. Le jeudi 3 janvier, le Conseil des ministres de rentrée s’est concentré sur « la grande bataille pour l’emploi », dixit Jean-Marc Ayrault. Le vendredi 4 janvier, 11 ministres, dont le Premier d’entre eux, sont à l’Élysée pour un petit-déjeuner de travail sur ce thème. Puis, à 11h30, l’ensemble du gouvernement se retrouve à Matignon pour un séminaire sur l’emploi.

Bilan de tout cela ? Une opération de communication. Aucune annonce, sauf une : 2013 sera l’année de la pédagogie gouvernementale ! Les ministres devront aller « dans toutes les régions de France » pour « expliquer aux Français la politique du gouvernement » (encore Jean-Marc Ayrault)

Aujourd’hui, un constat s’impose : le chômage augmente deux fois plus vite depuis la prise de fonction de François Hollande que lors de la dernière année de la présidence de Nicolas Sarkozy.

A la lecture des chiffres alarmants, chacun comprend que le gouvernement se mobilise sur ce dossier aux conséquences sociales et humaines majeures car, derrières les chiffres, ce sont des femmes, des hommes, des familles qui se trouvent en souffrance.

Depuis mai 2012, le gouvernement a pris des mesures qui vont à l’encontre de la croissance et des créations d’emplois. Les rappeler une à une de façon exhaustive serait beaucoup trop long. Néanmoins, je pointerai du doigt la suppression de l’exonération de cotisations sociales sur les heures supplémentaires. De nombreux secteurs en pâtissent, notamment les métiers du bâtiment. Et puis, le gouvernement a tenu des propos déplacés et peu respectueux à l’égard des chefs d’entreprises. Tel a été le cas d’Arnaud Montebourg, devant les Sénateurs, considérant que : « le problème des hauts-fourneaux de Florange » ce n’est « pas les hauts-fourneaux de Florange, c’est Mittal ». Il est allé jusqu’à déclarer qu’il « ne voulait plus de Mittal en France »..., avant de menacer de nationalisation punitive ce chef d’entreprise qui, faut-il le souligner, emploie 20.000 salariés en France.

On imagine aisément les conséquences de ces propos sur les investisseurs étrangers ! Ce n’est pas avec de telles attitudes que notre pays attirera des capitaux internationaux.

De plus, ce qui ralentit notre économie, retarde les prises de décisions d’investissement et enlève tout espoir de reprise de la croissance, c’est le nombre de taxes et d’impôts dont les montants ont été augmentés depuis l’été dernier. Je vous invite à les retrouver sur mon blog www.pauljeanneteau.net dans un message dédié au sujet.

Alors, certes, le gouvernement prévoit d’insérer 100 000 jeunes dans le cadre des emplois d’avenir. Et, grâce aux contrats de génération, il espère 500.000 embauches de jeunes en CDI et autant de seniors maintenus dans l’emploi. Les emplois d’avenir ne sont en réalité que les fameux emplois jeunes de Lionel Jospin, rebaptisés. Cette mesure, même si elle peut aider des jeunes à entrer sur le marché du travail, n’est pas à la hauteur des enjeux. Quant aux contrats de génération, Martine Aubry, elle-même (c’est dire !) a déclaré qu’ils n’auraient que « des effets d’aubaine ». Sans oublier qu’en année pleine ils coûteront 8 milliards d’euros. Comment le gouvernement les financera-t-il ?

Enfin, le Crédit d’impôt compétitivité et emploi, d’un montant de 20 millions d’euros sur trois ans, ne s’appliquera qu’à compter de 2014, sous réserve de contreparties inconnues à ce jour. Ce n’est pas de cette façon que les entreprises françaises verront baisser le coût du travail et s’améliorer leur trésorerie.

Dans ce contexte, les ministres, sortis subitement de leur léthargie pour essayer d’apporter des solutions à un problème dont ils sont responsables pour une large part, font penser aux pompiers-pyromanes. Après avoir allumé l’incendie, ils se demandent comment ils vont pouvoir l’éteindre ! Le gouvernement peut se réunir matin, midi et soir. Malheureusement, rien n’y fera. Il lui faut changer de politique et s’adapter à l’environnement d’une économie mondialisée. Il lui faut sortir de sa vision, très XIXème siècle et lutte des classes, de l’entreprise pour s’ouvrir à une conception réaliste et contemporaine de l’économie. Mais pour cela, il faudrait que le Parti socialiste laisse de côté ses vieux démons gauchistes.