Urne élections

Ce qui se passe à l’UMP depuis le dimanche 18 novembre est lamentable, désolant, honteux. En l’occurrence, les mots sont faibles. En réalité, c’est inqualifiable. Et pourtant, les adhérents venus voter en masse ont fait preuve d’un bel élan démocratique. Mais, il était prévisible que des problèmes pourraient surgir à l’ouverture des urnes car l’organisation de ce scrutin n’a pas été à la hauteur de l’enjeu.

Pour commencer, il aurait été beaucoup plus sain et transparent que Jean-François COPÉ laisse son poste de secrétaire général à partir du moment où il s’est porté candidat à la présidence de l’UMP. Son statut de candidat et d’organisateur du scrutin, juge et partie, ne pouvait à l’évidence que semer le trouble. Il aurait dû avoir la sagesse de confier les rênes de l’UMP et la mise en place des procédures de vote à des personnalités (2 ou3) non contestables et non contestées de notre famille politique.

Ensuite, demander aux adhérents d’élire un président et, dans le même temps, de voter pour telle ou telle motion parmi 6 proposées, sans oublier de valider ou non la charte des valeurs, a largement complexifié le déroulement de la consultation. Sans parler des quelques militants qui avaient oublié de se mettre à jour de leur dernière cotisation et devaient s’en acquitter sur place s’ils voulaient exercer leur droit de vote. Sans parler également de ceux qui portaient une procuration et devaient ainsi déposer 6 bulletins dans 3 urnes différentes et émarger autant de cases. Et tout cela dans un seul et même bureau ! C’est comme cela que l’on trouve des problèmes d’émargements.

Alors, il fallait, comme l’ont demandé beaucoup de parlementaires, multiplier le nombre de bureaux de vote par circonscription, afin de fluidifier le déroulement du scrutin et d’éviter à des militants de trop longs déplacements. Dans certaines circonscriptions, comptant jusqu’à 4 000 inscrits, certains ont dû « patienter » 3 heures avant de mettre leurs bulletins dans l’urne. Était-ce normal ? Pour rappel, lors des législatives, un bureau de vote, en ville, comporte entre 1 000 et 1 200 inscrits. Pourquoi, donc, l’ouverture d’autres bureaux de vote a été refusée ?

Si l’on veut instaurer une vraie démocratie dans les partis politiques, il faut que les conditions de son expression soient réunies. A l’évidence, elles ne l’étaient pas à l’UMP.